Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest : Le clergé à la recherche d’une nouvelle façon d’évangéliser

Plus de 150 cardinaux, archevêques, évêques de la sous-région sont réunis à Ouagadougou dans le cadre de la 3ème  Assemblée plénière de la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest (RECOWA-CERAO). La cérémonie officielle d’ouverture de ce rendez-vous qui réunit 16 pays de l’Afrique de l’Ouest francophone, anglophone et lusophone a eu lieu ce 14 mai 2019 en présence du chef de l’Etat.

Certes, le thème de cette Assemblée plénière de la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest (RECOWA-CERAO) est, « la nouvelle évangélisation et le développement humain intégral dans l’église famille de Dieu en Afrique de l’Ouest ». Mais actualité oblige, la cérémonie officielle d’ouverture a été fortement marquée par les assassinats de chrétiens catholiques ces derniers jours.

S’adressant aux invités venus d’ailleurs, le président de la conférence épiscopale Burkina-Niger, leur a dit que la veille de leur arrivée, une attaque terroriste a visé expressément une communauté catholique en pleine célébration eucharistique, faisant 6 martyrs dont le prêtre célébrant l’abbé Sévérin Nyampa.

« Hier (Ndlr. 13 mai) dans le diocèse de Ouahigouya, il y a eu 4 victimes, avec la destruction de la statue de la vierge marie. Hier également au Niger, une attaque avec le curé blessé à la main, des balles reçues à la jambe où il est blessé. Tout ceci indique que notre région ouest -africaine est fortement troublée », a poursuivi Mgr Paul Ouédraogo, par ailleurs archevêque de Bobo Dioulasso. Une minute de silence, a été demandée pour la mémoire de toutes les victimes du terrorisme, dans les pays de la sous-région et au Burkina Faso particulièrement. Plutôt que le silence, c’est le « Notre père » qui a été récité.

Par le mot du ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale, Siméon Sawadogo, le président du Faso a fait remarquer que ces attaques terroristes, outre les nombreuses victimes, ont pour corollaire, les risques de conflits intercommunautaires, de repli identitaire, d’affirmation de relent religieux, de fragilisation du tissu social. Il a de ce fait sollicité les prières et les bénédictions des archevêques de l’Afrique de l’Ouest pour le Burkina et les autres pays de la sous-région en proie à cette violence répétée.

Une autre façon de répandre l’évangile

Jusqu’au 20 mai prochain, les participants vont s’écouter, partager leurs expériences, pour redonner un nouveau

souffle à leur action missionnaire. Le cardinal Philippe Ouédraogo a, lui, expliqué que « notre évangélisation qui va de pair avec la promotion humaine et le développement intégral de l’homme a besoin d’être renouvelée en son ardeur, en ses méthodes, et en ces pressions pour atteindre ses objectifs ». Pour lui, c’est en mettant en commun les idées, que les archevêques et évêques de l’Afrique de l’ouest francophone, anglophone et lusophone, peuvent rêver d’être d’authentiques protagonistes et des ferments providentiels d’un monde nouveau, d’une Afrique nouvelle, plus digne de Dieu et plus digne des hommes.

Mgr Ingnatius Kaigama, archevêque de Jos au Nigeria, et président de la Conférence épiscopale régionale d’Afrique de l’ouest, ne dira pas plus, quand il exhorte ses confrères à adopter une nouvelle évangélisation qui intègre le développement humain durable. Cela est vital, foi de l’archevêque, pour assurer un avenir à la jeunesse africaine, qui risque sa vie dans la migration vers l’Europe.

Justement, en plus du thème central de la 3e conférence, des sous- thèmes occuperont les prêtres et laïques. Des sujets liés au « développement humain intégral et le service social dans l’Eglise famille de Dieu en Afrique de l’Ouest », ainsi que « Jeunesse, foi et migration : le rôle de l’Eglise famille de Dieu en Afrique », seront débattus. Des thématiques en lien avec la pauvreté résultant d’une surexploitation des ressources de l’Afrique, les conflits inter fratricides, les maladies endémiques, l’analphabétisme, le chômage, le terrorisme, la mal gouvernance, la corruption dont les participants s’attèleront à trouver des solutions grâce à une solidarité pastorale organique, selon le mot du cardinal Philippe Ouédraogo.

Le président du Faso, Roch Kaboré et le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, ont rassuré que les conclusions de cette 3e conférence sont attendues comme un ferment des politiques en faveur des populations.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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