OCADES CARITAS BURKINA : L’ABBÉ CONSTANTIN SAFANITIÉ SÉRÉ TRANSMET LE RELAIS À L’ABBÉ LANDRY YADGO, NEUF ANNÉES D’ENGAGEMENT ET UNE EMPREINTE QUI DEMEURE

Après neuf années à la tête du Secrétariat Général de l’OCADES Caritas Burkina, l’abbé Constantin Safanitié Séré a transmis ses responsabilités à l’abbé Landry Yadgo, le 30 octobre 2026, au Secrétariat Général de l’OCADES Caritas Burkina. Présidée par Mgr Justin Kientéga, Président de l’institution, la cérémonie a été marquée par un hommage du personnel au Secrétaire Général sortant, dont le mandat aura notamment été consacré à la modernisation de l’organisation, au renforcement de sa gouvernance et à la professionnalisation de ses pratiques.
Une responsabilité n’est jamais une propriété personnelle. C’est une mission confiée, que l’on exerce du mieux que l’on peut avant de la transmettre. C’est en ces termes que l’abbé Constantin Safanitié Séré a donné le ton de son départ, le 30 octobre dernier, après neuf années à la tête du Secrétariat Général de l’OCADES Caritas Burkina. En passant le relais à l’abbé Landry Yadgo, il a ouvert une nouvelle étape pour l’institution, tout en revenant sur les convictions qui ont guidé son action et les enseignements d’un parcours partagé avec ses collaborateurs.

Une institution à consolider, des pratiques à faire évoluer
Nommé Secrétaire Général en 2017, après avoir dirigé le Secrétariat Exécutif Diocésain de l’OCADES Caritas Burkina à Dédougou, l’abbé Constantin a engagé une dynamique de modernisation destinée à adapter l’institution aux exigences croissantes de l’action humanitaire et du développement au Burkina Faso.
L’un des chantiers importants de son mandat a porté sur la gouvernance interne. La relecture, l’élaboration, la vulgarisation et l’appropriation des textes fondamentaux et des politiques internes ont constitué des leviers pour renforcer le fonctionnement de l’organisation, clarifier les responsabilités et consolider une culture de transparence et de redevabilité. Il s’agissait aussi de faire évoluer les pratiques managériales en privilégiant davantage la collaboration, l’éthique et la responsabilité à tous les niveaux.

Cette volonté de professionnalisation s’est également exprimée dans le positionnement de l’OCADES Caritas Burkina au sein de l’action humanitaire. Face aux crises successives que connaît le Burkina Faso, l’abbé Constantin a défendu la nécessité de donner une place plus importante aux organisations locales dans la conception et la mise en œuvre des réponses. Cette conviction, portée dans ses échanges avec les partenaires et les réseaux Caritas internationaux, rejoint les enjeux de localisation de l’aide : faire reconnaître l’expertise des acteurs nationaux et leur permettre de prendre pleinement part aux décisions qui concernent les communautés qu’ils accompagnent.
La consolidation des relations avec des partenaires tels que Caritas International Belgique, Caritas Italiana et Missio s’inscrit également dans cette dynamique.
Mais la modernisation de l’institution ne pouvait se faire sans accorder une attention à ceux qui la font vivre. La révision de la grille salariale et indemnitaire ainsi que l’instauration de contrats à durée indéterminée pour les chefs de service témoignent de cette préoccupation pour la stabilité et l’épanouissement professionnels des collaborateurs.

Pour l’abbé Constantin, ces évolutions répondaient à une exigence qui dépassait le seul fonctionnement administratif. Comme il l’a rappelé dans son discours d’au revoir, la rigueur, la discipline, le respect des engagements et la recherche de l’excellence sont aussi une marque de respect envers les ressources confiées, les partenaires, les collaborateurs et, surtout, les populations accompagnées.
Dans un contexte où les financements se raréfient et où les exigences des partenaires augmentent, il a insisté sur la nécessité de préserver la confiance et de garantir la qualité des interventions. « La performance n’est pas une fin en soi : elle est une condition de la continuité de notre mission », a-t-il souligné. Une conviction qui résume une bonne partie de sa vision de la responsabilité institutionnelle : chaque ressource mal gérée, chaque engagement non tenu peut avoir des conséquences bien au-delà de l’organisation, jusqu’aux familles et aux communautés qui attendent un accompagnement.

Derrière la rigueur, des histoires de proximité et d’humanité
Si le parcours professionnel de l’abbé Constantin a été marqué par des exigences fortes, ses collaborateurs ont tenu à rappeler que cette dimension ne résumait pas à elle seule sa personnalité. Pour le faire comprendre, ils ont choisi de raconter des faits plutôt que de multiplier les appréciations. Le film « Au goût du miel », réalisé en son hommage, rassemble ainsi les témoignages de dix personnes qui ont travaillé à ses côtés.

Cyriaque René Naré, ancien coordonnateur des programmes RBC, se souvient d’une remarque reçue après avoir transmis des documents de transfert de fonds insuffisamment classés. Une expérience qui lui a fait prendre conscience de l’importance de l’organisation et de la rigueur dans le travail. Rita Zoungrana évoque, quant à elle, le suivi personnel dont bénéficiait son équipe lors de l’élaboration d’un projet d’assistance aux personnes déplacées : il arrivait au Secrétaire Général de revenir dans son bureau en fin de journée pour s’assurer de l’avancement des travaux.
Un autre souvenir donne à voir une facette plus personnelle de cette relation. Ansanèkoun Bienvenu Désiré Somé, membre du Comité Exécutif de 2019 à 2024 garde en mémoire la présence de l’abbé Constantin dans son village, à plus de 300 kilomètres de Ouagadougou, alors qu’il venait de perdre ses deux parents dans un intervalle de temps très rapproché. Un déplacement qui témoigne d’une attention qui ne s’arrêtait pas aux obligations professionnelles.
Ces récits donnent une autre lecture de son management. Lydie Zongo évoque notamment « un père qui connaît bien chacun » et dont la sensibilité se dissimulait parfois derrière une apparence dure. Elle rappelle également l’importance accordée à la vie spirituelle, à travers la messe quotidienne et la prière partagée avec le personnel.
La rigueur, l’accompagnement et l’attachement au bien-être des équipes apparaissent ainsi comme des dimensions complémentaires d’un même leadership.

Une reconnaissance partagée, au-delà des fonctions
Dans leur mot d’au revoir, prononcé par M. Ouakara Richard Dakuyo, les collaborateurs ont résumé leur perception de celui qui fut leur responsable autour de trois figures : « le prêtre, l’homme, le dirigeant ». Ils ont reconnu que sa rigueur, parfois difficile à vivre, traduisait aussi son souci de préserver les ressources confiées à l’institution et de respecter les engagements pris envers les partenaires et les populations.
Leur intervention a été marquée par un geste d’humilité, lorsqu’ils lui ont demandé pardon pour les fois où ils n’avaient pas été à la hauteur de ses attentes. Une démarche qui a trouvé un écho dans les propres paroles de l’abbé Constantin, rappelant que la recherche du travail bien fait ne devait jamais faire oublier la dignité des personnes.
Cette reconnaissance mutuelle a donné à la cérémonie une dimension particulière. Elle a montré que, derrière les exigences liées à la responsabilité, des relations humaines s’étaient construites, avec leurs difficultés, leurs apprentissages et leurs marques de confiance.
« Vous partez, mais ce que vous avez laissé reste : dans nos dossiers mieux tenus, dans nos équipes mieux considérées, et dans nos cœurs », ont conclu les collaborateurs. Une formule qui résume avec simplicité ce qu’ils disent retenir de ces neuf années.

Présidant la cérémonie, Mgr Justin Kientéga, Président de l’OCADES Caritas Burkina, a lui aussi invité à ne pas réduire le passage de l’abbé Constantin à la seule rigueur qui a caractérisé son style de management. « Il serait réducteur de ne retenir de votre passage que ces exigences », a-t-il souligné, évoquant notamment sa proximité avec les équipes, sa disponibilité dans les moments difficiles et son attention à l’évolution professionnelle du personnel. Il a ainsi appelé à « reconnaître l’homme, avec ses convictions, ses exigences et sa sensibilité ».
L’abbé Landry Yadgo, un nouveau chapitre à écrire

Après ce temps de reconnaissance, l’attention s’est tournée vers celui qui prend désormais les rênes du Secrétariat Général de l’OCADES Caritas Burkina. Venu de Fada N’Gourma, où il a exercé les fonctions de Secrétaire Exécutif Diocésain pendant onze ans, l’abbé Landry a pris la parole avec humilité : « Je ne viens donc pas avec la prétention d’avoir toutes les réponses. »
Plutôt que de formuler des promesses, il a placé au cœur de son intervention une question essentielle : en quoi le travail de l’OCADES améliore-t-il concrètement la vie des personnes qu’elle sert ? Une interrogation qui rappelle que les réformes, les procédures, les partenariats et les performances ne prennent véritablement leur sens que lorsqu’ils contribuent à améliorer les conditions de vie des populations, particulièrement les plus vulnérables.
À son successeur, l’abbé Constantin a adressé un conseil qui sonne comme une feuille de route : « Préserver ce qui mérite de l’être, corriger ce qui doit l’être et oser les évolutions nécessaires lorsque la mission l’exige. » Il l’a également invité à poursuivre les efforts de professionnalisation, à renforcer les capacités de l’institution et à veiller à ce que chaque ressource mobilisée produise le plus grand bénéfice possible pour les populations.
En reprenant les paroles de saint Paul, « Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui faisait croître », le Secrétaire Général sortant a confié à Dieu la suite d’une œuvre qui, selon ses propres mots, dépasse ceux qui en assument successivement la responsabilité.
La passation du 30 octobre aura ainsi été bien plus qu’un changement à la tête du Secrétariat Général. Elle aura permis de reconnaître un parcours, de rappeler les exigences qui fondent l’action de l’OCADES Caritas Burkina et d’accueillir celui qui aura désormais la charge de les porter à son tour. L’abbé Constantin Safanitié Séré quitte une fonction, mais demeure lié à une mission et à une histoire collective. L’abbé Landry Yadgo en reçoit le relais, avec la responsabilité de poursuivre et de faire grandir cette œuvre au service des populations.
DAYAMBA B. Bénédicte
Chargée de communication, Plaidoyer
et mobilisation de ressources
