Chaque matin à Dédougou, OUARO Yezoumahan se lève avec une détermination renouvelée. Derrière les gâteaux et les beignets qu’elle prépare et vend quotidiennement se cache l’histoire d’une femme qui, malgré les épreuves de la vie, refuse d’abandonner le combat pour l’avenir de ses enfants.
Mère de cinq enfants, Yezoumahan a connu de nombreuses difficultés au cours de son parcours. Après le décès de son premier mari, avec qui elle a eu trois enfants, elle s’est retrouvée seule responsable de sa famille. Pour assurer leur subsistance, elle a commencé à vendre des gâteaux devant un établissement scolaire de la ville de Dédougou.
Cette activité lui permettait de répondre aux besoins essentiels de ses enfants, mais les revenus restaient limités et les difficultés nombreuses. Malgré cela, elle s’efforçait chaque jour de maintenir son foyer à flot.
Quelques années plus tard, elle a reconstruit sa vie auprès d’un autre compagnon, avec qui elle a eu deux autres enfants. Mais cette nouvelle stabilité a été de courte durée. Son second compagnon l’a abandonnée, la laissant seule avec cinq enfants à charge.

« Je me suis retrouvée seule avec mes enfants. Les difficultés étaient tellement importantes que la famille paternelle de mes trois premiers enfants est venue les récupérer. Depuis, je me débrouille avec les deux plus jeunes », raconte-t-elle.
Cette séparation a été particulièrement douloureuse pour cette mère de famille. Confrontée à des ressources limitées, elle continuait néanmoins à chercher des solutions pour améliorer sa situation économique. C’est dans ce contexte qu’une opportunité inattendue s’est présentée. Alors qu’elle vendait ses gâteaux sur un site où se déroulait une distribution de vivres, elle a décidé de s’adresser aux organisateurs afin de solliciter une aide.
« J’étais dans une situation très difficile. Je me suis approchée des responsables pour leur expliquer ma situation et demander un appui », se souvient-elle.
Les équipes sur place lui ont expliqué les critères d’éligibilité et les démarches à suivre. Après son enregistrement parmi les personnes vulnérables, elle a finalement été sélectionnée dans le cadre du projet « Ale Nonhon », mis en œuvre par l’OCADES Caritas Burkina avec l’appui financier du Fonds Humanitaire Régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (FHRAOC).
Pour soutenir son activité génératrice de revenus, elle a reçu un foyer à gaz de 6 kg, un sac de 25 kilogrammes de farine de blé, dix litres d’huile, une poêle, des écumoires, un seau, une table ainsi qu’une marmite. Cet accompagnement a marqué un tournant dans le développement de son activité.

« Après le premier sac de farine reçu de l’OCADES Caritas Burkina, j’en suis déjà à mon troisième sac de 25 kg. Je rends grâce à Dieu, car cette activité me permet désormais de mieux m’en sortir », explique-t-elle avec satisfaction.
Grâce aux équipements et aux matières premières reçus, Yezoumahan a pu accroître sa production et diversifier ses activités. Aujourd’hui, elle vend des gâteaux le matin et des beignets le soir afin de multiplier les opportunités de revenus.
Cette nouvelle dynamique lui permet non seulement d’assurer davantage de stabilité à son foyer, mais aussi de développer progressivement une culture de l’épargne. Convaincue de l’importance de préparer l’avenir, elle a rejoint un groupe de tontine dans lequel elle épargne régulièrement.
Chaque jour, elle met de côté environ 1 500 FCFA, soit près de 45 000 FCFA par mois. Une partie de cette somme est réinvestie dans son commerce afin de renforcer son activité, tandis que l’autre contribue aux dépenses courantes de sa famille.
Ces progrès témoignent de la capacité des femmes vulnérables à reconstruire progressivement leurs moyens d’existence lorsqu’elles bénéficient d’un accompagnement adapté à leurs besoins et à leurs compétences.
Pour Yezoumahan, l’appui reçu représente bien plus qu’un simple kit de démarrage. Il constitue une opportunité de reprendre confiance en ses capacités et de bâtir progressivement un avenir plus stable pour elle-même et ses enfants.
« Je suis très reconnaissante envers l’OCADES Caritas Burkina pour l’aide reçue, qui a contribué à améliorer mes conditions de vie et celles de mes enfants », affirme-t-elle.

A travers son parcours, Yezoumahan incarne la résilience de nombreuses femmes qui, malgré les épreuves, continuent de faire preuve de courage et d’initiative pour assurer le bien-être de leurs enfants.
Mis en œuvre dans les communes de Djibasso et de Dédougou, le projet « Ale Nonhon » apporte une réponse intégrée aux besoins des populations vulnérables à travers l’assistance alimentaire, la prise en charge nutritionnelle et le renforcement des moyens d’existence. En soutenant des activités économiques portées par des femmes comme Yezoumahan, le projet contribue à renforcer leur autonomie financière et leur capacité à faire face aux défis du quotidien.
Aujourd’hui, derrière chaque gâteau et chaque beignet vendus se dessine une histoire de persévérance, d’espoir et de reconstruction progressive. Une histoire qui montre qu’avec un accompagnement adapté et beaucoup de détermination, il est possible d’ouvrir de nouvelles perspectives pour soi-même et pour sa famille.
KY Rose Arlette Cissima
Chargée de communication, plaidoyer et mobilisation des ressources
