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De l’exil à la reconstruction : le parcours inspirant de Ramata - Ocades Caritas Burkina

De l’exil à la reconstruction : le parcours inspirant de Ramata

Face aux conséquences de la crise sécuritaire, de nombreux ménages vulnérables ont dû reconstruire leur vie loin de leurs terres d’origine. Pour répondre à cette situation, le projet conjoint « Renforcer l’accès des ménages vulnérables aux systèmes de protection sociale », mis en œuvre par l’OCADES Caritas Burkina avec l’appui financier du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et en collaboration avec les services techniques de l’État Burkinabé, contribue à renforcer la couverture des populations en matière de protection sociale. À travers des groupes d’épargne et de crédit communautaires, des activités génératrices de revenus et un accompagnement social, le projet soutient plus de 1 700 ménages vulnérables dans leur quête d’autonomie et de résilience.

Parmi eux figure OUEDRAOGO Ramata, personne déplacée interne originaire de Titao.

« Je m’appelle OUEDRAOGO Ramata. Je suis une personne déplacée interne.

Avant que l’insécurité ne bouleverse notre existence, je vivais à Titao où j’exerçais une activité de vente de vêtements. J’avais construit ma vie là-bas, comme beaucoup d’autres familles. Mais avec la dégradation de la situation sécuritaire et les événements tragiques qui ont frappé notre localité, nous avons été contraints de partir. Quitter sa maison, ses habitudes, ses repères et ses moyens de subsistance est une épreuve difficile à décrire.

Le 25 décembre 2024, ma famille et moi sommes arrivés à Ouahigouya. Nous avions tout laissé derrière nous. Il fallait recommencer à zéro.

Les premiers mois ont été particulièrement difficiles. Nous devions trouver de quoi nous nourrir, nous loger et prendre soin des enfants. Malgré tout, j’ai refusé de me laisser abattre. Avec seulement 3 000 FCFA que j’avais pu conserver, j’ai commencé un petit commerce. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était mon point de départ. Je voulais retrouver ma dignité et continuer à soutenir ma famille.

C’est dans cette période d’incertitude que j’ai entendu parler du projet de renforcement de l’accès des ménages vulnérables aux systèmes de protection sociale, mis en œuvre avec l’appui du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Après plusieurs rencontres avec les équipes du projet, qui ont pris le temps d’écouter notre histoire et de comprendre nos difficultés, j’ai eu la joie d’être sélectionnée parmi les bénéficiaires.

Nous avons été organisées en groupes de 25 femmes pour participer à un système d’épargne et de crédit communautaire. Une fois par semaine, nous nous retrouvons pour échanger, épargner ensemble et nous soutenir mutuellement. Ces rencontres sont rapidement devenues bien plus qu’un simple rendez-vous financier : elles sont un espace de solidarité, d’apprentissage et d’encouragement.

Après un mois d’épargne, j’ai pu obtenir mon premier crédit de 10 000 FCFA. Plus tard, j’ai bénéficié d’un crédit de 20 000 FCFA, puis de 30 000 FCFA. Grâce à ces fonds, j’ai progressivement développé mon commerce et augmenté mes capacités d’achat et de vente.

Avant ce projet, accéder à un crédit était pratiquement impossible pour une femme comme moi. Les banques exigent des garanties que je ne possédais pas. Aujourd’hui, grâce à notre groupe d’épargne et de crédit, je peux investir dans mon activité et générer davantage de revenus.

Mais le changement ne s’est pas limité à mon commerce.

Le projet a également soutenu la scolarisation de nos enfants à travers la prise en charge des frais scolaires, des fournitures et des tenues. Pour une mère déplacée qui tente de reconstruire sa vie, cette aide représente un immense soulagement. Savoir que ses enfants peuvent continuer leur éducation malgré les difficultés est une source d’espoir.

 

Les rencontres hebdomadaires nous ont aussi permis d’aborder des sujets essentiels pour nos familles : la gestion du foyer, l’importance de la scolarisation des enfants, la prévention des mariages forcés et des grossesses précoces. Ces formations ont renforcé nos connaissances et notre capacité à mieux accompagner nos enfants dans leur développement.

Aujourd’hui, je regarde le chemin parcouru avec fierté. Je ne dirais pas que tout est facile, mais je peux affirmer que ma famille avance. J’ai retrouvé confiance en moi, mon activité se développe progressivement et je me sens mieux armée pour faire face aux défis du quotidien.

Cette initiative a été bien plus qu’une aide financière. Elle nous a donné les moyens de reconstruire nos vies, de renforcer notre autonomie et de croire à nouveau en l’avenir.

Je suis profondément reconnaissante envers tous ceux qui ont rendu cela possible. Mon souhait est que davantage de femmes vulnérables puissent bénéficier de telles opportunités. À toutes celles qui traversent des moments difficiles, je veux dire ceci : ne perdez jamais espoir. Même lorsque tout semble perdu, il est toujours possible de se relever et d’avancer pas à pas vers un avenir meilleur. »

L’histoire de Ramata illustre comment l’accès à des mécanismes inclusifs de protection sociale peut aider les ménages les plus vulnérables à retrouver leur dignité, renforcer leurs moyens d’existence et reconstruire progressivement leur avenir malgré les épreuves.

  Ange Kevin SAWADOGO 

Chargé de communication/ OCADES Ouahigouya

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