Dans les Bisongos de Ouahigouya, les rires d’enfants résonnent chaque jour ouvrable. Pour de nombreuses familles déplacées ou vulnérables, ces espaces préscolaires sont bien plus que de simples centres d’accueil : ils sont devenus des lieux de protection, d’apprentissage et de stabilité.
C’est dans cet esprit que le SED de l’OCADES Caritas Burkina à Ouahigouya, avec l’appui de ses partenaires redouble d’effort pour que plus jamais ces sourires, ses rires et cette cohésion-fraternité entre populations hôtes et déplacées ne se perdent.

Des résultats concrets et visibles sur le terrain
En quelques mois, les effets du programme sont palpables dans plusieurs localités de Yaadga.
Neuf infrastructures préscolaires ont été réhabilitées, cinq nouveaux Bisongo ont été construits, et vingt-huit petits papas/mamans ont été formés pour encadrer les enfants dans un environnement adapté.
Ces efforts ont permis d’accueillir un nombre croissant d’enfants déplacés et hôtes. Pour les parents, ce changement est déjà perceptible.
Kadisso Porgo, une mère déplacée interne à Gourga nous témoigne à cet effet, « Quand mon enfant est ici, je peux vaquer tranquillement à mes occupations. Après les activités, il s’amuse puis rentre à la maison.
Il est de plus en plus sage et éveillé. Quand il arrive à la maison, il n’a plus faim parce qu’il a déjà mangé là-bas. »

Un impact éducatif et social incontestable
Les communautés observent également une transformation comportementale chez les enfants. L’encadrement quotidien, les repas réguliers et les jeux éducatifs contribuent à développer chez eux de nouvelles compétences sociales.
Selon Awa Maiga, une mère déplacée interne à Gourga, « depuis que les enfants sont arrivés ici, nous avons constaté une belle évolution dans leur comportement. Ils mûrissent d’esprit, respectent davantage les aînés et savent désormais dire bonjour, bonsoir monsieur… Ils saluent poliment lorsqu’ils sont à la maison. » Pengre-Waoga SAWAGOGO du COGES renchérie que le comité constate un réel changement positif tant chez les enfant que dans la vie de la communauté.
Des dotations en matériel pédagogique, des vivres et vingt-huit missions de supervision de la DPEPPNF ont également permis d’assurer la qualité du programme malgré un contexte sécuritaire difficile.

Quand les Bisongo deviennent un espace de stabilité
Dans plusieurs villages, les Bisongo jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la reconstruction du lien social.
« Voir les enfants manger ensemble me donne de la joie. Beaucoup arrivent le matin sans avoir mangé. Maintenant, ils prennent leur repas et jouent ensemble avec énergie. Les parents sont contents et nous remercient. » Nous confie Mariam OUEDRAOGO, une cantinière.
Pour le Petit Papa Yacouba Wermi, « Notre travail n’est pas seulement d’apprendre aux enfants à compter ou à chanter. Nous les rassurons, nous les protégeons. Certains sont traumatisés par ce qu’ils ont vécu. Chaque jour, nous voyons leur progrès. »
Un programme qui soulage aussi les parents
Pour beaucoup de familles déplacées, la présence des Bisongo crée un espace de respiration dans le quotidien difficile qu’elles traversent.
A cet effet, Bazon DIALLO une mère hôte nous témoigne : « depuis que ma fille vient ici, j’ai remarqué qu’elle parle mieux avec les autres enfants. Elle a appris à partager. Moi aussi, j’ai plus de temps pour travailler au champ et chercher de quoi nourrir la famille. »

Des défis, mais une volonté d’avancer
Malgré les progrès, les acteurs ont identifié plusieurs défis : difficultés d’accès à certaines localités, manque de matériel ludique, insuffisance de certaines infrastructures.
Ils recommandent la poursuite du projet, l’amélioration des centres existants et l’augmentation du nombre de Bisongo afin de répondre à la demande croissante.
Une seule volonté anime aujourd’hui tous les acteurs dans la mise en œuvre du projet : protéger, nourrir et accompagner les tout-petits dans un environnement sain et sécurisant.
Au-delà des chiffres, c’est dans les sourires des enfants et le soulagement des parents que se mesure le véritable impact du programme.
SAWADOGO Ange Kevin/Chargé de Communication SED Ouahigouya
